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enfans jusqu'à quatre fois (1); un mari pouvait battre sa femme et la faire expir sous les coups (2); fa

croire, si son témoignage n'avait encore d'autres

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» d'hommes, dit-il, les Moscovites, sont si barbares et si perfides, qu'il n'y a rien de sincère chez eux; ils n'ont l'un pour l'autre aucun » attachement franc et naturel... Toujours s'accusant par des calomnies, » se dressant des embûches, s'accablant d'injures, ils cherchent à se >> perdre, ou publiquement, ou par des voies indirectes. Il n'est pas rare » chez eux de voir un fils insulter son père, et même le battre; un » frère dénoncer son frère, sans que rien le retienne, même en pré>sence du tzar, &c. &c. » (Moschovia Descriptio, pag. 197.)

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Ce ne sont pas seulement les serfs et les femmes qui sont battus; » mais même les nobles, les grands, les princes, sont fréquemment » bâtonnés de la main du tzar, auquel ils rendent à genoux des actions » de grâces pour avoir daigné fustiger son esclave. » (Ibid. pag. 183.) « On ne sait ce que c'est que duel (a); mais les knez et les boyards » vident leurs différens sur-le-champ à coups de poing et de pied, » et à beaux coups de fouet, même par rencontre à cheval. » ( Voyage d'Oléarius, pag. 96.)

<< Le naturel pervers des Moscovites, et la bassesse dans laquelle ils sont » nourris, joints à la servitude pour laquelle ils semblent nés, font que >> l'on est contraint de les traiter en bêtes plutôt qu'en personnes raison»nables; et ils y sont si bien accoutumés, qu'il est comme impossible » de les porter au travail si l'on n'y emploie le fouet et le bâton.» ( Ibid. tom. I, pag. 1155.)

Ce serait ici le cas de donner la description du supplice qu'on appelle le knout, mais on la trouve dans tous les écrivains qui ont parlé de la Russie: on nous pardonnera cette omission. Vay. sur-tout Oléarius; Perry, pag. 218, 219; l'abbé Chappe, Coxe, &c. &c.

(1) Herberstein, Rerum Moscovit. Comment. pag. 36.

(2) Idem Oléarius, Guagnini, pag. 180, etc. Ces écrivains vont plus.

(a) Le duel judiciaire était en usage dans le code d'Iwan..... mais il ne paraît pas qu'en affaire d'honneur, il fût admis en pratique chez les Russes à cette époque: c'était le contraire dans le reste de l'Europe.

nature outragée implorait en vain la protection d'un code fait pour des barbares.....

Chez un pareil peuple, la condition des femmes dut être bien misérable (1)... Soumises aux plus rudes traitemens dans leur enfance, elles passaient sous un joug plus dur en prenant un époux sans le voir et sans en avoir été vues (2). Retenues malgré elles dans leur ménage, à moins qu'elles ne sortissent pour aller à l'église et quelquefois à une orgie, elles se fardaient avec des couleurs grossières (3), et s'ajustaient avec des parures bizarres. Leurs maris ne les croyaient honnêtes que quand ils les tenaient renfermées; et, s'il faut en croire des auteurs contemporains, ce n'était

loin que nous : ils prétendent que les dames moscovites étaient fort satisfaites du traitement, et jugeaient de la tendresse de leurs maris par leur cruauté.

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Is not the meanest man in all the land but hee,

To buy her painted colours, doth allow his wife a fee,

Wherewith she deckes herself and dyes her tawny skinne:

She prankes and paintes her smoaky face, both browe, lippe, cheeke and chinne;
Yet, those that honest are, if any such there bee

Within the land, doth use the like........

« Il n'y a pas d'homme si misérable en Russie qui ne fasse à sa femme >> une petite rente dont elle achète de quoi farder, peindre ou plutôt bar» bouiller son visage hâlé, son front, ses lèvres, ses sourcils, son menton. » Celles mêmes qui sont honnêtes, s'il y en a de telles dans ce pays, font » la même chose. » (Lett. à Ed. Dancie.)

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pas sans raison (1). Dans la classe inférieure, la corruption était moins dissimulée (2). Mais passons sur ces désordres; ne nous arrètons pas même à tracer les détails des usages, des coutumes, des vêtemens de ce peuple, chez lequel on voyait, par un phénomène particulier, l'ignorance s'allier à la vanité (3), et la rudesse des mœurs à leur extrême dépravation (4). Voilà ce que ce spectacle offre de plus intéressant à l'observateur.

(1)

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They keepe the stowe by mere constraint.
Elles ne gardent la maison que par pure contrainte.

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(Ibid.)

Il ne faut pas s'étonner du mauvais traitement qu'elles reçoivent de » leurs maris, parce qu'elles ont la plupart une méchante langue; elles

» sont fort sujettes au vin, et ne laissent pas passer l'occasion de faire plaisir à un ami. » (Voyage d'Oléarius, pag. 108.)

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(2) Cæterùm vel ab externis hominibus, et exiguo quidem pretio, ad venerem omne vulgus feminarum facile pellicitur. (Pauli Jovii de legatione Moscovitarum ad Clementem XIII, pag. 129.)

» Au reste, le commun des femmes se livre à bon marché, même » aux étrangers.

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« A Kiow, les filles ne restent pas vierges après l'âge de sept ans. On » les abandonne facilement aux marchands; ils peuvent en abuser, mais » non les enlever. Je tiens cela de personnes dignes de foi. » (Rer. Mosc. Comm. auct. B. Herberstein, pag. 77.)

(3) Mémoires du baron de Stralhemberg, tom. I.er, pag. 125 et 126. (4) Il manque une foule de choses à cette esquisse. Nous en demandons pardon au lecteur; elles ne pouvaient entrer dans le plan de cet ouvrage : mais on ne nous accusera point d'avoir chargé le tableau. Dans la crainte de nous laisser emporter à l'indignation que le spectacle des mœurs russes a souvent excitée, nous ne les avons considérées que d'après des écrivains et voyageurs dont le caractère respectable et le témoignage éclairé réunissent tout ce qui peut inspirer la con

A la même époque, le soleil de la civilisation s'était levé sur l'Occident; le génie de l'homme reculait partoutses limites; l'Espagne avait vu la gloire de Charles V; la Lusitanie retentissait des chants du Camoëns; Shakespeare avait donné au théâtre anglais ses scènes sublimes ou bizarres; Harvey avait découvert la circulation du sang; Kepler avait deviné le mouvement des planètes et la rotation du soleil. L'Italie était riche de

fiance.... Nous aurions pu citer aussi des auteurs plus récens qui se sont indemnisés, aux dépens des anciens Moscovites, des complaisances qu'ils ont eues pour les Russes modernes : on nous aurait trouvés trop modérés. Nous avons particulièrement cité l'opinion du secrétaire de l'ambassade anglaise qui fut si bien accueillie par Iwan IV. Après avoir peint les Russes de manière à se faire passer pour un ingrat, il déclare pourtant qu'il s'est arrêté par la crainte de compromettre sa sûreté et les intérêts du commerce anglais... Le trait nous a paru si national, que nous n'avons pu résister au plaisir de terminer par-là nos citations.

I write not all I know, I touch but heere and there;

For ifI should, my pen would pinch, and eke offend I feare,

Who so shall reade this verse, conjecture of the rest
And thinke, by reason of our trade, that I do thinke the best.
But, if no traffike were, then could I boldly pen

The hardness of the soile, and eke the manners of the men.
They say the lion's paw gives judgment of the beast;

And so may you deeme of the great, by reading of the least.

« Je n'écris pas tout ce que je sais; je ne fais qu'effleurer les objets çà » et là. Si j'osais, ma plume deviendrait mordante, et je risquerais » d'offenser. Ceux qui liront ces vers devineront le reste, et c'est le » meilleur parti que j'aie pu prendre par égard pour notre commerce... >> Si ce n'était cela (si nous n'avions pas de trafic), alors j'aurais peint har >diment l'état sauvage du pays et les mœurs des habitans. On dit que la » taille du lion se devine à sa griffe: ainsi vous pouvez juger du grand » par ce que je vous dis du petit, » (Tuberville, 111. lettre à Parker.)

tous ses chefs-d'œuvre ; Michel Ange avait achevé sa basilique superbe ; l'art de la peinture s'était arrêté sous le pinceau de Raphaël, la poésie italienne sous les crayons du Tasse. En France, la fureur des factions religieuses et des guerres civiles n'avait pu étouffer les germes précieux jetés dans cette terre féconde : de toutes parts, ils se pressaient d'éclore. Depuis long-temps la cour de François I." avait servi de modèle à celles de l'Europe les grâces d'une politesse nouvelle remplaçaient les mœurs austères de la chevalerie; les beauxarts travaillaient à multiplier les jouissances de l'homme; l'industrie promettait déjà des prodiges : le Louvre s'élevait; Corneille était né; l'académie française allait s'ouvrir; le siècle de Léon X était fini, et celui de Louis XIV allait commencer.

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