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forma une espèce de république militaire, toujours en état de guerre avec les Tartares et les Turcs; et les rois de Pologne, dont ils défendaient les frontières, bien loin de vouloir leur destruction, travaillèrent à consolider leur existence ainsi Sigismond leur avait cedé à perpétuité le pays situé au-dessus des cataractes du Dnieper. Etienne Battori avait achevé leur organisation militaire; et ce n'est vraiment qu'à cette époque, qu'on put les considérer comme vassaux de la Pologne, sous le nom de Cosaques de l'Ukraine.

Du sein de ce peuple guerrier, nomnade et pasteur, sortit la branche des Zaporogues ou Zaporoïski, ainsi nommée parce qu'elle alla s'établir au-delà des

mention, dans son ouvrage de Administratione Imperii, d'un pays nommé Kasachia, situé entre la mer Caspienne et le Pont-Euxin. Enfin les annales russes elles-mêmes rapportent que, vers 1021, le fils de Wladimir-le-Grand eut à combattre un peuple nommé Kosaqui vers les mêmes contrées... Voilà qui est encore plus décisif que nos conjectures sur les Khosars..... Quant à leur religion, il paraît qu'ils f'ont reçue des Grecs comme les Russes. Quant à la similitude des deux langues, c'est un effet naturel de leurs communications fréquentes...... A cette analogie près, leurs traits, leurs mœurs, leurs habitudes, annoncent une race plus tartare que russe; c'est ce qui paraît incontestable, même d'après les discussions savantes de ceux qui soutiennent le contraire. (Voyez Herberstein; Muller, Stat. de l'emp. Russe; Stralhemberg, Mém. tom. II, pag. 3 et 4; Storch, tom. I, pag. 55 et 62; Leclerc, tom. II, p. 377; Lévesque, tom. III, P. 408, et le Précis de la géographie universelle, par M. Malte-Brun, tom. I. pag. 476, &c.)

cataractes (1); colonie errante de guerriers qui ne souffraient pas de femmes avec eux, qui vivaient du butin qu'ils faisaient sur les Turcs, les Tartares, et même sur leurs compatriotes; association de naturels et de transfuges de tous les pays, dont la constitution est un mélange singulier de police et d'anarchie, de sagesse et de brigandage (2) : c'était comme la garde avancée des Cosaques de l'Ukraine.

Tant que les Tartares et les Turcs menacèrent la liberté de l'Europe, l'institution militaire des Cosaques fut utile et politique ; ils étaient sur le Borys→ thène ce qu'avaient été les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem dans l'île de Rhodes: mais lorsque la Porte ottomane eut pris rang parmi les puissances européennes, quand on fut engagé par des alliances régulières avec elle, il fallut faire cesser les hostilités des Cosaques ; leurs courses n'étaient plus que des brigandages. Les rois de Pologne voulurent donc les réprimer. Les troubles de la Russie occupèrent encore quelque temps leur avidité vagabonde : mais, quand il fallut être en paix avec tous les voisins, alors leur

(1) SA OU ZA signifie, en langue slavonne, au-delà; POROG, écueil

ou cataracte.

(2) On peut consulter, pour connaître cette constitution, Storch, Tabl. de l'emp. de Russie, tom. I; Leclerc, Hist. de la Russie ancienne, tom. II, pag. 427; et sur-tout l'ukase rendu par Catherine II en 1775 pour la destruction des Zaporoïski, ou bien encore l'Histoire de Rulhières, tom. III, pag. 78 et 80. Les débris de cette singulière association ont été transportés dans le Kuban.

race turbulente se trouva mal de la domination de la Pologne; elle essaya de la protection des Turcs, qu'elle trouva encore trop pacifiques, et se tourna enfin du côté de la Russie (1).

Il est vrai que les Cosaques eurent à se plaindre de quelques vexations particulières, où la justice des rois de Pologne lutta en vain contre l'avidité des seigneurs polonais, et de quelques tentatives imprudentes faites pour réunir à l'église romaine ceux d'entre eux qui suivaient le rit grec; mais leur défection fut bien moins l'effet de ces fautes politiques, que de l'artifice et des pratiques d'une cour dont les desseins étaient mieux assortis au génie particulier des Cosaques.

Ainsi fut amenée cette résolution fameuse prise à Pereïaslaw le 6 janvier 1654, de nommer Alexis protecteur des Cosaques. Bientôt Kiow et toutes les villes sur la rive orientale du Dnieper suivirent cet exemple; et le tzar, étant en pleine paix avec la Pologne, accepta solennellement l'hommage de ces sujets rebelles, par une capitulation qui sert encore aujourd'hui de base à la souveraineté de ses successeurs (2).

(1) Muller, Statistique de l'empire de Russie, tom. I.

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(2) Mably dit : « C'était un avantage bien médiocre pour un État » que de tenir les Cosaques sous sa protection. Cela peut être vrai, de nos jours, au degré de perfection où les progrès des sciences, la discipline et le génie de quelques grands capitaines, ont porté l'art militaire: mais, dans un siècle et dans un pays ignorant, contre la bravoure impétueuse et mal réglée des Turcs et des Polonais, la

Pour consommer cette violation du droit des gens, pour se donner le droit de soutenir la défection des Cosaques, Alexis crut qu'il était nécessaire de déclarer la guerre à la Pologne. Il ne trouva point de griefs plus graves à faire valoir, que des phrases offensantes relevées dans des ouvrages obscurs imprimés en Pologne, et l'omission de quelques-uns de ses titres dans des lettres ministérielles. On lui offrit, en vain, des réparations dont il était décidé à ne pas se contenter. Il demandait les villes de Smolensk et de Kiow, et la sanction de la défection des Cosaques. C'était payer bien cher l'audace d'un écrivain et la négligence d'un secrétaire. Mais enfin, après une guerre malheureuse, Casimir, attaqué d'un autre côté par la Suède, inquiété au dedans par les mécontens, fut contraint de céder aux prétentions d'Alexis (1): il avait déjà rendu la Livonie à la Suède (2); c'est alors que, persécuté par ses

réunion des Cosaques était une conquête dont la Russie devait tirer les plus grands avantages, &c......

(1) La trève de 1661, confirmée par le traité de 1686, reconnut la souveraineté du tzar sur les Cosaques de la rive gauche du Dnieper; mais il ne devait pas prendre sous sa protection ceux de la rive droite, ni entretenir ou favoriser avec ceux-ci de relation, d'association ou de figue...... D'ailleurs cette trève, conclue pour vingt-un ans, lui laissa toutes ses conquêtes, Smolensk, Bielgorod, Kiow, etc.

Les Mémoires de Stralhemberg disent que cette trève fut conclue par les boyards plutôt qu'Alexis ne l'eût souhaité; ce qui donnerait à penser que l'autorité du tzar était alors limitée. (Mémoires, tom. I, p. 94.) (2) Traité d'Oliva, 23 mai 1660.

race turbulente se trouva mal de la domination de la Pologne; elle essaya de la protection des Turcs, qu'elle trouva encore trop pacifiques, et se tourna enfin du côté de la Russie (1).

Il est vrai que les Cosaques eurent à se plaindre de quelques vexations particulières, où la justice des rois de Pologne lutta en vain contre l'avidité des seigneurs polonais, et de quelques tentatives imprudentes faites pour réunir à l'église romaine ceux d'entre eux qui suivaient le rit grec; mais leur défection fut bien moins l'effet de ces fautes politiques, que de l'artifice et des pratiques d'une cour dont les desseins étaient mieux assortis au génie particulier des Cosaques.

Ainsi fut amenée cette résolution fameuse prise à Pereïaslaw le 6 janvier 1654, de nommer Alexis protecteur des Cosaques. Bientôt Kiow et toutes les villes sur la rive orientale du Dnieper suivirent cet exemple; et le tzar, étant en pleine paix avec la Pologne, accepta solennellement l'hommage de ces sujets rebelles, par une capitulation qui sert encore aujourd'hui de base à la souveraineté de ses successeurs (2).

(1) Muller, Statistique de l'empire de Russie, tom. I.

» que

(2) Mably dit : « C'était un avantage bien médiocre pour un État de tenir les Cosaques sous sa protection. » Cela peut être vrai, de nos jours, au degré de perfection où les progrès des sciences, discipline et le gênie de quelques grands capitaines, ont porté l'art militaire mais, dans un siècle et dans un pays ignorant, contre la bravoure impétueuse et mal réglée des Turcs et des Polonais, la

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