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solennités de Pâques (1). Quelques prélats respectables honorent leur caractère; ils sont remarqués par tous les voyageurs (2).

La première cause de cet état de barbarie est dans une éducation vicieuse, ou plutôt dans un défaut

(1) During Easter, they run into every kind of excess, rolling about drunk the whole week; as if rioting, debauchery, extravagance, gambling, drinking, and fornication, were as much a religious observance as starving had been before; and that the same superstition which kept them fasting during Lent, had afterwards instigated them to the most beastly excesses.

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Pendant les fêtes de Pâques, ils s'abandonnent à toutes sortes » d'excès; on les voit ivres toute la semaine, comme si le désordre, » la débauche, l'extravagance, le jeu, l'ivrognerie, le libertinage, » étaient des devoirs de religion aussi rigoureux que le jeûne du ca» rême, et que la même superstition qui les avait fait garder l'absti. » tinence, dût ensuite les pousser aux plus crapuleux excès. » ́ (Clarke's Travels, chap. IV, pag. 52.)

(2) Il n'est pas inutile d'ajouter quelques détails à ce que nous avons dit du clergé russe. Les moines sont assujettis au célibat; mais les popes ou prêtres des paroisses doivent se marier avant de recevoir l'ordination. Ils épousent ordinairement des sœurs ou des filles de leurs confrères, et forment comme une corporation à part. Ils sont plus liés avec la classe des paysans qu'avec toute autre, parce qu'ils sont eux-mêmes exposés à l'oppression qui l'accable. Leurs enfans sont fibres et se destinent le plus souvent au service de l'église. S'ils deviennent veufs, ils peuvent entrer dans l'ordre des moines et parvenir aux dignités de l'église. Ils ne peuvent rester prêtres de paroisse sans la permission de l'évêque. On ne les voit point dans la société.... Les évêques même habitent toujours dans l'enceinte des monastères « Tout le clergé paraît en général ennemi de son » gouvernement, dit le révérend R. Heber, dans le journal de son » voyage, cité par le docteur Clarke. L'archevêque de Moscow, » Platon, s'exprimait lui-même avec un mépris bien prononcé sur » les nobles et les riches bourgeois russes, sur le despotisme d'un

absolu de toute éducation (1). De qui le peuple pourÉducation. rait-il en recevoir ! A peine les ministres de son culte

savent-ils lire, dans leur propre langue, l'évangile qu'ils sont chargés de prêcher (2). La Russie doit à l'impératrice Catherine II de belles institutions; mais elles ne sont destinées qu'à des objets particuliers. Il y a même quelques universités, et des gymnases dans les principales villes ; mais on ne peut pas trouver assez de professeurs nationaux pour les rendre véritablement utiles l'instruction est encore interdite à la classe la plus nombreuse (3). D'ailleurs l'éducation de la

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» empereur russe et sur l'improbabilité de quelque prompte amélio-
»ration dans la constitution de l'empire ou dans les mœurs du
peuple, &c. &c. ». (Coxe's Travels into Russia, vol. II, pag. 91-93.
-Clarke's Travels, vol. I, p. 157, chap. IX. -Heber's Man.journal.)
(1) The common people in Russia have not kind of learning or educa-
tion among them, and although they are called christians, have no idea of
the true principles of the christian religion.

« Le vulgaire des Russes n'a aucune espèce de connaissances ou » d'éducation; et quoiqu'ils s'appellent chrétiens, ils n'ont pas d'idée » des vrais principes du christianisme.» (Williams's The,rise, progress &c., vol. II, pag. 302.)

(2) Coxe's Travels, vol. II, pag. 192 : It is litterally true, that many of them cannot even read, in their own language, the gospel which they are commisionned to preach, &c. &c.

« Il est littéralement vrai de dire que plusieurs d'entre eux ne » peuvent même lire, dans leur propre langue, l'évangile qu'ils » sont chargés de prêcher, &c. ».

(3) L'éducation, cette partie si importante qui peut seule former des hommes, est absolument inconnue en Russie, soit particulière, soit générale...... Il n'y a point de colléges ou d'universités, ou en si petit nombre, qu'on peut les regarder comme non existans; et, de

II

noblesse, si l'on en excepte celle qui se donne dans quelques écoles privilégiées, et par quelques instituteurs habiles, n'est pas de beaucoup préférable à la crasse ignorance du mougik. Généralement, les nobles russes prennent sans choix et retiennent sans examen le premier étranger qui se présente pour remplir, auprès de leurs enfans, des fonctions qui doivent décider de la chose la plus importante de la vie (1). Souvent rien n'est plus éloigné de ces fonctions que le métier que le nouvel outschitel exerçait dans sa patrie. N'importe, quoiqu'il ne jouisse d'aucune considération réelle, quoiqu'il ne soit que le premier serf de la maison, il reçoit souvent des appointemens considérables (2): il mange à la table du maître ; et pourvu qu'il apprenne à ses élèves quelques mots d'une langue

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rend

plus, l'ignorance de ceux qui sont chargés de l'instruction, tout-à-fait incapables. ( Voyage de deux Français dans le Nord, tom. IV, pag. 72.)

(1) Ibid.

pag. 73.

Voyage de l'abbé Chappe, pag. 361-363. (2) Quelquefois il se passe des marchés pour l'éducation d'un ou de plusieurs fils de nobles. Ainsi M. Bruckner recevait trente-cinq mille roubles pour quatorze ans qu'il s'engageait de consacrer à l'éducation des jeunes princes Kourakin, et M. Grammont vingt-cinq mille, pour celle des princes Dolgorouki. (Mém. secrets, vol. II, pag. 162.) L'auteur des Mémoires secrets diffère beaucoup de l'opinion de celui du Voyage de deux Français, quant aux instituteurs:

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Cette éducation étrangère a un inconvénient, dit-il; mais il n'est » pas un mal pour la Russie. Les Russes, presque tous élevés par des » Français, contractent, dès leur enfance, une prédilection marquée » pour cette nation: ils en possèdent bientôt mieux la langue et

Nobles.

étrangère, qu'il leur fasse lire des romans (1), qu'il leur dise le titre de quelques livres de science ou d'histoire, il n'a qu'à poursuivre ; et s'il n'est pas trahi par l'indiscrétion de quelque voyageur (2), il pourra se retirer avec une fortune modique, et terminer avec honneur son cours d'enseignement.

La plupart des nobles russes qui vivent à la cour, ou dans des pays étrangers, ne peuvent guère être distingués des seigneurs des nations les plus polies. Les manières qu'ils prennent si facilement, prouvent l'extrême flexibilité de leur esprit et ce talent d'imitation, qu'on peut regarder comme le trait caractéristique des Russes (3); mais une fois rentrés dans leurs terres, on leur retrouve souvent l'empreinte du génie

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>> l'histoire que celles de leur propre patrie; et n'ayant point de patrie en effet, la France devient celle de leur cœur et de leur imagination. » Tel était le Scythe Anacharsis, élevé par le Grec Théagène; tels » étaient aussi les jeunes Romains formés par les Grecs: mais les » Romains avaient des vertus à perdre; ce n'est guère le cas des Russes.» La différence d'opinion des auteurs que nous citons, tient à l'esprit de parti; sur le fond, elle est la même.

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(1) « S'il arrive à un noble russe de lire (ce qui est très-rare), c'est » toujours quelque livre frivole, quelque rapsodie française licen»cieuse, ou quelque roman anglais traduit en français. » (Clarke's Travels, vol. I, pag. 72.)

(2) Le Voyage de deux Français dans le Nord rapporte une anecdote piquante sur un laquais qui s'était fait outschitel (vol. IV, pag. 74). (3) Voyage de l'abbé Chappe, vol. II, pag. 357. Par-tout, dit Clarke, nous cherchons le génie original...... Il faut aller en Russie » pour voir le talent d'imitation. C'est l'apogée de l'intellect russe et » le principe de toutes ses opérations. » (Chap. v, pag. 67.)

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national et le goût des habitudes populaires (1). Quelques-uns ont des fortunes colossales : revenus à Moscow, qu'on peut toujours appeler la capitale, la ville russe par excellence, ils entretiennent une foule de domestiques (2); une table où l'on voit un cortége

(1) « Rien de plus ordinaire que de voir un Russe arrivant de l'étran» ger, reprendre en un moment le même esprit, le même goût, les » mêmes idées qu'avant son départ... » (Voyage de deux Français dans le Nord.)

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« L'intimité dans laquelle nous vivions avec les Russes, dit Clarke, » nous a permis de bien observer leurs mœurs et leurs opinions..... Les » mêmes traits caractéristiques signalent le prince et le paysan russe : >> ils sont également barbares. Allez voir un Russe à la campagne; de quelque rang qu'il soit, vous le trouverez plongé dans la fainéantise, » sans être peigné ni lavé, sans avoir la barbe faite, à demi nu, man» geant des turneps crus et buvant du kouass..... Leurs cheveux sont » presque toujours dans un état à ne pouvoir se décrire; et là, il n'y a >> que le bain qui puisse les délivrer de la vermine dont leurs corps » sont couverts. C'est un fait trop public pour souffrir quelque discus» sion, que, de l'homme du premier rang au dernier esclave, dans le » vaste empire de toutes les Russies, en y comprenant les nobles, » les prêtres et les paysans, il n'existe pas un seul individu sur mille » dont le corps soit exempt de cette saleté, &c. &c. » L'ingénieux voyageur entre ensuite dans des détails plus familiers à la langue anglaise qu'à la nôtre; mais la délicatesse nous prescrit d'en faire grâce à nos lecteurs. (Voyez Clarke's Travels, chap. VI.)

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(2) « Les Russes tirent beaucoup de vanité de cette magnificence, qui n'existe, disent-ils, nulle autre part. Cela est vrai; mais à quoi » se réduit cette prétendue magnificence, quand on remonte aux >> causes premières? Quelle facilité n'a pas un gentilhomme possesseur » de plusieurs milliers d'esclaves, pour en rassembler chez lui autant qu'il voudra...........................! » On ne peut s'empêcher de blâmer un usage qui, dans un pays dépeuplé, prive les campagnes d'un nombre infini

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