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de Rome; où la nation paraît éclairée de toutes les lumières de la civilisation, le territoire embelli des plus riches productions de la nature, et le gouvernement affermi sur les plus admirables institutions sociales (1). Élisabeth

(1) Il a paru à Londres, en 1810, un Voyage en Russie, parle D. Ed. Dan. Clarke. Cet ouvrage, qui a eu un succès prodigieux en Angleterre, contient des renseignemens de tout genre, et présente des tableaux variés sous les formes les plus piquantes. Il ne donne pas de la Russie et des Russes une idée si favorable que les écrivains de Catherine. On peut en juger par l'opinion qu'il professe à leur égard.

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« On peut demander d'où vient qu'on a jusqu'ici pu>>blié si peu de chose sur le caractère réel de ce misérable » peuple [very profligate people]. La raison en est qu'il n'y » a point de pays où l'on ait pris tant de précautions pour » l'empêcher. Il n'y a rien en quoi Catherine II ait mis tant » d'artifice qu'à cacher l'histoire véritable de son peuple, et » l'état misérable de son empire. Cela se voit fréquemment » dans sa correspondance avec Voltaire, dans ses instruc» tions à ses ministres, dans les mensonges publiés par les >> écrivains à gages, et particulièrement dans cet ouvrage » (l'Antidote) que ses savans firent en commun, sous ses » yeux et d'après ses observations, pour répondre au Voyage » de l'abbé Chappe..... Malheureusement, tous ceux que >> Catherine employa à voyager dans les provinces de son » vaste empire, ne s'occupèrent que d'histoire naturelle. Ils » n'ont laissé que de brillans tableaux de statistique des plus >> malheureuses provinces. La plupart ont manqué d'infor

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et Catherine II sur-tout voulaient sans cesse occuper la Renommée à publier les merveilles d'un empire barbare (1); et il n'est pas teux que l'influence exercée par des écrivains célèbres n'ait agi dangereusement sur la politique générale. On représentait la Russie tantôt comme une puissance destinée à relever le trône de Constantin, tantôt comme l'asile futur des arts et de la civilisation; et à la faveur de ces notions vagues et de ces préjugés dangereux, elle poursuivait sa marche, et n'avançait peut-être pas moins par l'aveugle complaisance des écrivains étrangers, que par la terreur de ses armes.

Mais, quoiqu'on ait tant écrit de nos jours sur la Russie, on peut assurer que son histoire est peu connue, et sa puissance mal appréciée

» mations classiques. Ainsi Pallas avait représenté la Tauride » comme un Paradis terrestre. L'impératrice l'y envoya rési>> der, et nous le trouvâmes sous ce climat pestilentiel, comme » il le dit lui-même, déplorant le malheur d'avoir été la dupe » du sacrifice qu'il avait fait à l'orgueil de sa souveraine. » (Clarke's Travels, in-4.°; London, 1810; pag. 434 et suiv.)

(1) Edimburgh Review, n.o 32, pag. 353.

parmi nous. L'ouvrage de Leclerc est un vaste amas de matériaux précieux; celui de Lévesque offre plus d'art et de goût : mais l'un et l'autre, trop volumineux pour être beaucoup lus, s'arrêtent au moment où la politique du cabinet de Pétersbourg a pris un essor plus hardi (1). Or, la plupart des lecteurs, attirés par les chefs-d'oeuvre historiques des temps anciens, ou par les faits intéressans des temps modernes, ne trouvent guère plus d'intérêt à l'histoire des prédécesseurs de Pierre-le-Grand, qu'à celle des khans du Kaptschack.

Quant à l'état réel de la Russie, les laborieux ouvrages des Pallas, des Busching, des Georgi, des Storch, &c., en ont rendu la connaissance plus familière, mais non pas plus certaine. Les auteurs de statistique peuvent impunément commettre des erreurs qu'il est impossible de vérifier, ou débiter des flatteries qu'il est si rare de voir démentir. On ne juge

(1) On annonce une nouvelle édition de l'Histoire de Russie, par M. Lévesque, augmentée des règnes de Catherine et de Paul I.", par deux écrivains dont le nom est d'un augure favorable au succès de cette entreprise.

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et Catherine II sur-tout voulaient sans cesse occuper la Renommée à publier les merveilles d'un empire barbare (1); et il n'est pas teux que l'influence exercée par des écrivains célèbres n'ait agi dangereusement sur la politique générale. On représentait la Russie tantôt comme une puissance destinée à relever le trône de Constantin, tantôt comme l'asile futur des arts et de la civilisation; et à la faveur de ces notions vagues et de ces préjugés dangereux, elle poursuivait sa marche, et n'avançait peut-être pas moins par l'aveugle complaisance des écrivains étrangers, que par la terreur de ses armes.

Mais, quoiqu'on ait tant écrit de nos jours sur la Russie, on peut assurer que son histoire est peu connue, et sa puissance mal appréciée

»mations classiques. Ainsi Pallas avait représenté la Tauride » comme un Paradis terrestre. L'impératrice l'y envoya rési>> der, et nous le trouvâmes sous ce climat pestilentiel, comme » il le dit lui-même, déplorant le malheur d'avoir été la dupe » du sacrifice qu'il avait fait à l'orgueil de sa souveraine. » (Clarke's Travels, in-4.°; London, 1810; pag. 434 et suiv.)

(1) Edimburgh Review, n.o 32, pag. 353,

parmi nous. L'ouvrage de Leclerc est un vaste amas de matériaux précieux; celui de Lévesque offre plus d'art et de goût : mais l'un et l'autre, trop volumineux pour être beaucoup lus, s'arrêtent au moment où la politique du cabinet de Pétersbourg a pris un essor plus hardi (1). Or, la plupart des lecteurs, attirés par les chefs-d'oeuvre historiques des temps anciens, ou par les faits intéressans des temps modernes, ne trouvent guère plus d'intérêt à l'histoire des prédécesseurs de Pierre-le-Grand, qu'à celle des khans du Kaptschack.

Quant à l'état réel de la Russie, les laborieux ouvrages des Pallas, des Busching, des Georgi, des Storch, &c., en ont rendu la connaissance plus familière, mais non pas plus certaine. Les auteurs de statistique peuvent impunément commettre des erreurs qu'il est impossible de vérifier, ou débiter des flatteries qu'il est si rare de voir démentir. On ne juge

(1) On annonce une nouvelle édition de l'Histoire de Russie, par M. Lévesque, augmentée des règnes de Catherine et de Paul I.“, par deux écrivains dont le nom est d'un augure favorable au succès de cette entreprise.

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