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nombreux de parasites (1), et les mets les plus rares à côté des nourritures grossières, si chères au palais d'un Russe, sans distinction de rang (2) : ils donnent des bals magnifiques; ils ont des troupes de musiciens, de danseurs et de comédiens (3); en un mot, leur faste, leur luxe, leur prodigalité sans bornes, rappelleraient les

de bras..... (Voyage de deux Français dans le Nord, vol. IV, pag. 10.) D'ailleurs, quelques-uns de ces domestiques sont vêtus de brillantes livrées mal assorties; le reste est en guenilles. (Voyez Clarke's Travels, chap. IX.)

(1) « L'hospitalité des Russes, qualité qui leur est commune avec » tous les peuples sauvages, paraît ici (à Moscow) dans tout son jour : » elle nous semble tenir plutôt à un reste de barbarie qu'à la douceur » des mœurs européennes, dont cette nation est encore bien éloignée.» (Voyage de deux Français dans le Nord, tom. III, pag. 345 et 346.)

Cette hospitalité est plutôt un effet de l'orgueil que d'une véritable générosité..... L'étiquette humiliante, la distinction outrageante qu'on y remarque jusque dans la distribution des mets, du vin et des liqueurs, le prouvent incontestablement. (Voyage de deux Français dans le Nord, vol. IV. — Clarke's Travels, chap. IX. — Voyage de l'abbé Chappe d'Autcroche. }

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« Une légion d'esclaves, de valets, de parasites et de vils sycophantes, dit Clarke, est ce qui constitue une grande maison de » Moscow. Les nobles croient l'honneur de leur famille matérielle» ment intéressé à l'entretien d'une table nombreuse. S'il arrive que quelqu'un de leurs satellites habitués ait quitté son poste pour aller grossir le train et la table d'un autre hôte, l'injure est rarement pardonnée; ils poursuivront le déserteur par tous les moyens

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geance qui sont toujours en leur pouvoir. Et telle est la raison de » cette hospitalité prodigieuse que vantent les voyageurs. » (Clarke, chap. IX.)

(2) Les concombres salés, le poisson fumé, les choux aigris, &c. (3) Voyage de deux Français dans le Nord, tom. III, pag. 347-3524 - Clarke's Travels.

Lucullus de l'ancienne Rome, ou plutôt les satrapes de l'Orient, s'il ne se joignait souvent à cette grandeur apparente, des motifs qui la dépriment, ou des vices qui la dégradent (1).

(1) Nous ferions un volume, si nous voulions rapporter les opinions moins favorables que la nôtre à la noblesse russe. En voici quelques fragmens que nous citons, moins pour garantir la vérité du portrait que pour donner une preuve de notre modération à cet égard.

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Les individus de la noblesse et de la bourgeoisie sont tous, à brul'exception de ceux qui tiennent immédiatement à la cour,

>> taux et tyranniques au dernier degré, orgueilleux, insolens, portés » à s'estimer beaucoup, pour peu qu'ils aient une teinture des con» naissances les plus superficielles. » (Williams, tom. II, pag. 305.)

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« Les restes de la barbarie que montre encore la portion la plus » éclairée de la nation russe, offrent un contraste dégoûtant. Cette » barbarie se décèle par la grossièreté des mœurs, le mépris outrageant pour les hommes en général, le dédain pour les inférieurs, » et la crainte servile pour les supérieurs; par l'indifférence pour » tout ce qui tend à perfectionner, l'ignor nce des convenances so»ciales, l'orgueil insolent, la bassesse, l'impudeur, le manque d'esprit public et de patriotisme, et sur-tout par le défaut de cet hon » neur qui quelquefois tient lieu de la probité et même de la vertu. » Le Russe à demi-éclairé est le plus vil des hommes... » &c. ( Memoires secrets sur la Russie, Amsterdam, 1800', vol. II, pag. 46.)

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L'auteur du Voyage de deux Français en Europe parle de la fureur des nobles russes pour le jeu, de leur adresse et de la distraction qui leur fait souvent prendre les fiches de leurs voisins pour les leurs. Il décrit leurs débauches, et sur-tout ce fameux Club physique qui existait à Moscow, et dont Rome, dans la dépravation de ses mœurs, ou les cités modernes les plus corrompues, n'offrent pas d'exemple. (Tom. III, pag. 358-368.)

Passons sur ce tableau digne du pinceau de Pétrone.

L'abbé Chappe n'avait pas beaucoup meilleure idée de l'état des mœurs en Russie.... « Les dames russes, disait-il en 1761, ne

Si nous descendons dans les classes inférieures de la nation russe, nous y trouverons les vertus et les vices avec des couleurs plus tranchantes et moins mélangées. Nous y verrons tantôt la résignation, l'indiffé

» connaissent d'autre plaisir que celui des sens. Elles se livrent souvent » à leurs esclaves qui ne sont pas eunuques. La bonne constitution et » la vigueur déterminent toujours leur choix..... Dès l'âge de douze » à treize ans, les filles ont souvent connu les douceurs du mariage.....» (Voyage en Sibérie, vol. I, pag. 261.)

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Terminons par quelques traits du docteur Clarke :

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Il y a tels nobles russes dont la fortune surpasse celle de nos pairs anglais les plus riches; mais aussi, comme on peut le supposer, if > y en a un très-grand nombre de vraiment pauvres. A cette pau» vreté comme à ces richesses, se joignent l'abjection la plus vile et » la plus détestable corruption. Dans leurs débauches, ils ne con» naissent ni justice, ni conscience, ni honneur.... [ To this poverty, » and to these riches, are equally joined the most abject meaness, and the » most detestable profligacy; in sensuality, the are without limits of law, » conscience or honour. 7 Enfans dans leurs plaisirs, femmes dans leur ressentiment, ils n'aiment rien tant que la nouveauté, si chère à l'espèce humaine, mais plus aux nobles russes qu'à toute autre nation. Nouveauté dans leur libertinage, nouveauté dans leur glou» tonnerie, nouveauté dans tout ce qu'ils recherchent... (Chap. VI, » pag. 90.) Un noble russe vendra les meubles de son hôtel, les ha» bits de sa garderobe, et tout ce qu'il possède, depuis sa femme jusqu'à son petit chien, pour avoir de l'argent, qu'il dissipera l'instant d'après. Sa méthode ordinaire est de ne jamais payer un objet qu'il peut se procurer à crédit, et de le vendre dès qu'il la reçu. » En Angleterre, on appellerait une pareille conduite de l'escroquerie : » à Moscow cela porte un autre nom, c'est de la magnificence russe. [We should call such conduct in England swindling; in Moscow, it bears another name, it is called russian magnificence.] Chap. v, pag. 81. Le docteur Clarke cite à l'appui de son opinion quelques exemples, comme celui du vol d'un chapeau fait dans une excursion au couvent de la Trinité, &c. &c. &c. Quant aux moeurs du sexe, il

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la paresse et l'abattement d'un esclave, tantôt les désordres qui résultent d'un tempérament lascif et d'une superstition ignorante (1).

Un paysan russe n'a que le sentiment de son abjection et de sa misère. Il ne possède rien ; il est à peine

est un peu plus galant que l'abbé Chappe, et nous le citerons avec moins de regret:

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Dans la classe des nobles, les femmes sont de beaucoup supé>> rieures aux hommes, douces, affectueuses, souvent très-instruites, » communément belles, et vraiment accomplies, tandis que lės » hommes sont tout-à-fait dénués de ces qualités qui pourraient les » rendre aimables aux yeux de leurs compagnes. Il ne faut donc » pas s'étonner de ce qu'à Moscow les femmes de qualité aient la réputation de ne pas être très-fidèles à leurs maris. » (Chap. VI, pag. 79-80.)

D'après le témoignage de sir T. Macgill, autre Anglais qui voyageait en 1805 dans les provinces méridionales de la Russie, les dames de Taganrock sont à peu près aussi galantes que celles de Moscow; et leurs maris savent fermer les yeux quand la complaisance de leurs femmes peut servir à leur fortune. (London, 1808, lett. XVIII.)

(1) Le portrait que nous faisons des paysans russes ne sera contredit par personne. Les écrivains les plus modérés, ceux mêmes que l'on peut regarder comme des apologistes de la nation russe, Busching, Storch, Pallas, Coxe, W. Tooke, pourraient nous fournir de nombreuses citations: tous conviennent des vices qui caractérisent les Russes, la stupidité, l'ivrognerie, la brutalité, le penchant au vol. Storch a calculé que les excès de l'ivrognerie causaient par an dans la Russie une mortalité de 200,000 individus. (Tableau de la Russie, vol. I, pag. 27.) Nous nous bornerons à quelques citations :

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Les paysans russes sont naturellement paresseux, fripons et pas » sionnés pour les liqueurs fortes, dont ils boivent à l'excès. Leur misère ne peut se décrire. » (Williams's The rise, progress, &c. vol. II, pag. 309-310.)

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« Le Russe est malpropre et enclin au vol [inclined to the thiewing]

assuré de son existence; il ne peut jouir avec sécurité des plus douces affections de la nature (1). Engourdi

» comme les sauvages de la mer Pacifique. » (Coxe's Travels, vol. I, pag. 227.)

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La servitude les rend bas, rampans, obstinés, sans soucis, et en quelque sorte insensibles... » ( Ibid. pag. 105.j

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Les Russes ont une complexion vigoureuse; mais ils sont dénués » de sensibilité. » ( Voyage de l'abbé Chappe, tom. II, pag. 356.)

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Il faut écorcher un Moscovite pour lui donner du sentiment. (Montesquieu, Esprit des lois, liv. XIV, chap. II.)

« M. Perry dit les Russes se vendent très-aisément : que

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J'en sais

» bien la raison, c'est que leur liberté ne vaut rien. » ( Ibid. liv. XV, chap. VI.)

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Le vol et l'ivrognerie sont les vices les plus saillans des Russes. (Mémoires secrets, tom. II, pag. 57.)

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Le Russe, dans toutes les classes, dort les deux tiers de la journée, inange l'autre tiers... Il est non-seulement intéressé, mais vo» leur. On a vu que cette coutume nationale n'est pas particulière » aux habitans de la campagne.... L'eau-de-vie est sa passion domi» nante; dès qu'il a de l'argent, il s'enivre. Les innombrables fêtes du » calendrier sont autant de jours consacrés à la crapule; or, comme » le lendemain se ressent toujours de la débauche de la veille, on » peut assurer que le Russe est ivre plus de la moitié de l'année.... » (Voyage de deux Français dans le Nord, vol. IV, pag. 325 - 327.)

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Tous les Russes, grands et petits, riches et pauvres, sont égale » ment rampans auprès de leurs supérieurs, impérieux et cruels en» vers leurs subordonnés, ignorans, superstitieux, fourbes, brutaux,

barbares, sales et bas. L'empereur [le docteur Clarke écrivait sous » Paul I.cr] bâtonne le premier de ses courtisans; les princes et les »> nobles bâtonnent leurs esclaves, et les esclaves leurs femmes et » leurs enfans. Ici, dès que le soleil se lève, la flagellation commence; » et dans ce vaste empire, le bâton roule du matin jusqu'au soir » dans toutes les classes de la population...» (Clarke, ch. III, p. 37.)

(1)

« Les Russes ne sont attachés ni à leur famille ni à leurs amis. (Ibid. part. I.re, pag. 84.)

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