Imej halaman
PDF
EPUB

On peut regarder cette patente mémorable comme le

et

ceux

tions utiles, en sorte que l'un ait besoin des produits de l'autre, et que leur amitié s'augmente en proportion de leurs relations réciproques, et qu'entre les hommes il n'y a rien de plus desirable que l'union, sans laquelle aucune créature ne peut vivre en repos..... considérant aussi combien sont nécessaires les marchandises qui procurent aux hommes tout ce qu'il faut pour leur nourriture, habillement, leurs jouissances et tout ce qui peut leur rendre la vie agréable; qu'il est bon que ces denrées, apportées de divers nulle part, manquent pays, ne que qui les apportent jouissent de notre amitié, et vivent comme dans l'âge d'or..... à ces causes et autres bonnes considérations, ayant particulièrement égard aux lettres gracieuses accordées par la très-haute, excellente et puissante reine Marie, par la grâce de Dieu, reine d'Angleterre, de France, &c., en faveur de ses sujets marchands, les gouverneurs, consuls, assesseurs et communauté des marchands aventuriers pour la découverte des terres, &c. &c., avons accordé et accordons à cette compagnie, et à leurs successeurs, les faveurs, immunités, franchises, libertés et priviléges ci-dessous exprimés.

» I. Nous donnons et accordons, pour nous et nos successeurs, pleine licence, faculté, autorité et puissance aux gouverneurs, consuls et tous membres de la compagnie et à leurs successeurs, pour eux et leurs facteurs, commis, employés à gages, serviteurs, &c., d'entrer sûrement et librement avec leurs marchandises et propriétés quelconques dans nos ports, villes et terres, d'y séjourner, voyager, vendre ou acheter toute espèce de marchandises, avec toute espèce de marchands et autres gens de quelque nation, condition, état ou rang qu'ils soient, et avec les mêmes ou d'autres vaisseaux, biens et marchandises, de sortir et se transporter à leur gré dans d'autres états, royaumes, ou de continuer leur commerce dans notre empire ou nos domaines, librement et tranquillement, sans qu'aucune restriction, empêchement, exaction, emprunt, droit de passage, de séjour ou de douanes, imposition ou taxe quelconque, puisse être exigée pour leurs personnes, leurs bâtimens, marchandises et propriétés; en sorte qu'ils n'aient désormais aucun besoin de sauf-conduit ou de licence

premier

premier traité de commerce de l'Angleterre avec la

généralé ou particulière, de nous ou de nos successeurs, dans aucune place soumise à notre domination.

» II. Nous promettons auxdits marchands que ni eux ni leurs marchandises ne seront arrêtés ou consignés pour le paiement des dettes qui ne leur seraient pas personnelles, ou dont ils ne se seraient pas rendus cautions, ni pour offense ou meurtre commis, auquel cas il sera statué par nous seulement.

[ocr errors]

III. Nous autorisons lesdits marchands à nommer, choisir et prendre à leur gré, des courtiers, affréteurs, charretiers, jaugeurs, et tous artisans, hommes de peine nécessaires à leur commerce, de les assujettir à un serment, de les punir ou renvoyer quand ils manque -ront à leurs engagemens, sans être contredits ou troublés à cet égard par nous, nos successeurs, ministres, officiers et sujets quelconques.

» IV. Item, nous promettons et accordons auxdits marchands et à leurs successeurs, que toute personne qui sera recommandée à nous et à nos successeurs, par les gouverneurs, consuls et assesseurs de la compagnie anglaise, pour être facteur en chef dans notre empire et nos domaines, aura plein pouvoir et autorité pour le gouvernement et la conduite de tous les Anglais qui ont ou auront accès ou séjour dans nos états; qu'ils leur feront justice dans leurs causes, plaintes et querelles entre eux; qu'ils pourront les assembler pour délibérer et faire telles ordonnances qu'ils jugeront convenables pour le bon ordre et gouvernement desdits Anglais, comme infliger sur tous et chacun d'eux, offenseurs ou offensés, les amendes et punitions, et même l'emprisonnement, suivant l'exigence du cas.

[ocr errors]

V.S'il arrive que quelques-uns desdits marchands ou autres Anglais se révoltent contre le facteur en chef ou ses délégués, ou refusent de lui obéir, nous ordonnons que nos officiers, agens et sujets prêtent secours et assistance au facteur en chef, &c. pour réduire les rebelles à l'obéissance, et les emprisonner ou punir plus sévèrement à Ja réquisition du facteur en chef, &c.

» VI. En cas de querelles ou de procès entre nos sujets et les étrangers, nous promettons à ceux-ci pleine justice: ils seront appelés aussitôt

E

Russie... les temps antérieurs n'en offrent pas d'aussi authentique (1).

Richard Chancellor retourna la même année à Londres avec un chargement de la valeur de 26,000 liv. sterl. Son bâtiment fit naufrage; le reste du convoi arriva

que possible; et s'ils étaient absens, ils pourront choisir un fondé de pouvoir, &c.

» VII. Si quelqu'un des marchands ou de leurs gens était, ce qu'à Dieu ne plaise, tué ou blessé par nos sujets, nos officiers en feront justice sans délai; et s'il arrivait que quelqu'un des facteurs, agens ou serviteurs desdits marchands offensât ou mît à mort quelqu'un de nos sujets, les marchands, leurs maîtres, ne seront inquiétés ni vexés dans leurs personnes; leurs biens ne seront ni pillés ni confisqués, mais resteront libres de toute perte et vexation.

[ocr errors]

VIII. Tout individu de la nation anglaise, arrêté pour dette, ne pourra être laissé en prison dès le moment qu'il donnera caution suffi

[blocks in formation]

» IX. Nous promettons auxdits marchands que si aucun de leurs vaisseaux ou autres bâtimens était condamné ou pillé, soit en séjournant à l'ancre, soit en partant de notre empire, par des pirates ou autres personnes, quelles qu'elles puissent être, dans ce cas, il sera fait auxdits marchands telles restitutions et réparations qu'exige notre honneur, et qui seront conformes à la justice.

[ocr errors]

X. Item, pour nous et nos successeurs, nous, Iwan Wassilievisch, par la grâce de Dieu, Empereur de Russie, &c. permettons par notre parole impériale et seigneuriale, au lieu de serment, de faire observer et maintenir inviolablement dès ce moment et pour toujours, tous les points, articles, promesses, droits et priviléges ci-dessus rapportés; et pour corroboration, nous y avons mis notre sceau.

» Donné dans notre château de Moscow, le 20 d'août l'année 7063. (Ibid. pag. 478-487.)

(1) The rise, progress, and present state of the Northern Governments by J. Williams, esq., vol. II, p. 29, in-4.o, London, 1777.

heureusement. Il y avait à bord un ambassadeur russe et seize seigneurs, qui furent, comme on peut le croire, bien accueillis de la cour et de la compagnie.

Bientôt la compagnie imagina de transporter les marchandises anglaises jusque dans la Perse, en passant par la Russie; Antoine Jenkinson fit un troisième voyage à la baie de Saint-Nicolas, et porta à Moscow une lettre (1) d'Élisabeth, qui venait de succéder à Marie, et qui sollicitait Iwan d'accorder à la compagnie le privilége exclusif qu'elle desirait.

On ne sait pourquoi ce privilége ne fut obtenu qu'en 1567 (2) mais, deux ans après, Thomas Randolphe, envoyé en qualité d'ambassadeur, obtint une patente encore plus favorable; elle assurait les mêmes priviléges de commercer d'Astrakhan à Novogorod; elle réglait, dans le plus grand détail, les franchises et les immunités dont la compagnie anglaise devait jouir (3).

(1) Cette lettre est en latin; en voici le préambule :

Elisabetha, Dei gratiâ, Angliæ regina, serenissimo et potentissimo principi D. Joanni Basilivische, imperatori totius Russia, magno duci, &c. (Ibid. pag. 522.) Coxe's Travels, vol. I, p. 300.

(2) Ibid. pag. 515 et 521.

(3) Ibid. p. 527 et 541.

Ce dernier traité, ou charte de priviléges, obtenu à la sollicitation de Thomas Randolphe, est du 20 juin 1569. Par l'article 34, le tzar permet à tous les étrangers de commercer avec les villes de Narve, Novogorod et autres villes du Liefland, comme antérieurement; pour tout le reste de l'empire, la compagnie anglaise devait jouir d'un privilége exclusif.

que

Malgré tant d'efforts et d'intrigues, malgré l'activité Jenkinson mit à étendre le commerce anglais par Ia mer Caspienne, jusque dans la grande Buckarie, la compagnie anglaise fut obligée de renoncer à cette route périlleuse, infestée par le brigandage des Cosaques (1)..... Elle se plaignit. Iwan envoya des troupes contre eux: ils se soulevèrent; ils furent battus. Un de leurs chefs, Yermak, échappé des rives du Borysthène avec cinq à six mille brigands comme lui, poursuivi de province en province, de désert en désert, poussé par le désespoir jusque dans la Sibérie, soumit au tribut cent peuplades différentes ; et parvenant, à travers des dangers et difficultés de tout genre, avec les débris de sa petite armée triomphante, jusqu'à l'embouchure de I'Irtich, il s'établit à Sibir; de là il envoya solliciter sa grâce à Moscow; et Iwan acquit, au prix de cette vaine faveur qu'il ne pouvait refuser, un nouvel empire plus vaste que l'Europe. Ainsi la cupidité, qui pousse les Anglais des glaces du pôle aux feux de l'équateur, procura peut-être à la Russie cette conquête immense, mais plus flatteuse pour son orgueil qu'utile à sa puissance (2).

Du côté d'Arkhangel et dans la Baltique, le commerce anglais eut plus de succès. La compagnie fut obligée de faire des frais énormes d'établissement et

(1) Coxe's Travels, vol. II, p. 233 et 234. Ils avaient aussi pillé les caisse militaires du tzar.

(2) Cette conquête ne fut achevée que sous les règnes suivans.

« SebelumnyaTeruskan »